Allocution de Me Jean Deaudelin, président de la 18e Conférence des juristes de l’État, le 22 avril 2009.
Allocution de Me Jean Deaudelin, président de la 18e Conférence des juristes de l’État, le 22 avril 2009.
Allocution de Me Jean Deaudelin, président de la 18e Conférence des juristes de l’État, le 22 avril 2009.

Me René Dussault
Le 18 août 1978, le sous‑ministre de la Justice de l’époque, Me René Dussault, lance officiellement l’invitation à participer à la toute première « Conférence des avocats et notaires de la fonction publique », prévue quelques semaines plus tard à Québec.
Il y précise le double objectif de l’événement :
L’organisation est alors confiée à un comité interne de la Direction générale des affaires civiles et pénales (aujourd’hui le sous‑ministériat des affaires juridiques), avec l’appui de la Direction des communications du ministère et du Syndicat des avocats et notaires de la fonction publique, organisation qui était alors une association de salariée et non un syndicat reconnu.
René Dussault conclut son invitation en insistant : tous les juristes sont encouragés à participer « pour en assurer le meilleur des succès ».
Le ton était donné.

Le juge Lous-Philippe Pigeon
La première Conférence se tient au Château Frontenac, à Québec, les 21, 22 et 23 septembre 1978. Présidée par Me Guy Roy, elle rassemble environ 400 participantes et participants, un nombre significatif pour l’époque, alors que la majorité des juristes de l’État exercent encore au ministère de la Justice.
Lors du dîner d’ouverture, le ministre de la Justice, Me Marc‑André Bédard reçoit une salve d’applaudissement lorsqu’il invite les juristes à faire « le meilleur bureau d’avocats et de notaires du Québec ».
Plus tard durant l’événement, l’honorable Louis‑Philippe Pigeon, juge à la Cour suprême du Canada, présente un atelier intitulé Les rigueurs de la loi, dans lequel il souligne notamment que les « technicalités » doivent servir la justice et non la dominer.
Les éditions suivantes se tiennent tantôt chaque année, tantôt aux deux ans, et la Conférence gagne progressivement en ampleur.

Le comité de la 9e Conférence des juristes de l’État (1989)
En 1991, elle adopte une nouvelle identité visuelle et son nom actuel : Conférence des juristes de l'État, une appellation jugée plus inclusive et représentative.

En 1992, la Conférence inaugure la publication des Actes de la Conférence des juristes de l’État, une monographie regroupant les textes des différents ateliers présentés. Publiées jusqu’en 2013, ces monographies contribuent largement au rayonnement des juristes de l’État dans l’ensemble de la communauté juridique.
À l’issue de la XIe édition, en 1992, le sous‑ministre Jacques Chamberland écrit dans une publication interne du ministère de la Justice :
La Conférence est devenue au fil des ans une véritable institution chez les juristes des ministères et des organismes du gouvernement, le lieu par excellence où ils viennent partager leurs connaissances et leur expérience. Elle constitue en outre une occasion unique de rencontrer les représentants des autorités gouvernementales et professionnelles.
Au fil des ans, l’augmentation constante du nombre de juristes au sein de l’État et l’élargissement de ses missions contribuent à faire croître la participation. En 2013, plus de 1 000 participantes et participants prennent part à la Conférence, un sommet historique.
Les compressions budgétaires de 2014–2015 entraînent l’annulation de l’édition prévue en 2015. Grâce à la collaboration du Barreau de Québec, une journée de formation permettant de reprendre une partie des contenus prévus pour la 21e édition est tout de même organisée en septembre 2015, réunissant plus de 500 juristes.
Ce contexte mène à un constat : la formule doit être repensée afin d’assurer un retour durable. Un comité est mandaté pour définir un nouveau mode de fonctionnement.
De cette réflexion émerge une structure tripartite réunissant :
Sous l’impulsion de plusieurs acteurs de la communauté juridique — notamment Me Jean‑Vincent Lacroix (président de la Conférence des juristes de l’État), Me Louis Riverin (bâtonnier de Québec), Me Isabelle Poitras (directrice générale du Barreau de Québec) , Me Anne‑Marie Laflamme (doyenne de la Faculté de droit de l’Université Laval) et Me Yan Paquette (sous-ministre associé aux affaires juridiques du ministère de la Justice du Québec) — le projet de relance prend forme.
Le 20 juin 2019, la Conférence renaît officiellement, accueillant plus de 700 juristes à l’Université Laval.

Le comité de la 22e Conférence des juristes de l’État (2019)
La coutume veut que le ministre de la Justice prononce un discours lors de la conférence des juristes de l’État. Jusqu’en 2026, pas moins de 13 ministres ont ainsi prononcé des allocutions. Il s’agit de :
Désormais tenue aux deux ans à l’Université Laval, la Conférence poursuit sa mission malgré les défis. La pandémie de COVID‑19 entraîne le report de l’édition 2021, mais l’événement revient en 2022 grâce à l’engagement de ses partenaires et à la possibilité de tenir des ateliers à la fois en salle et en ligne.
La formule actuelle repose sur l’entente tripartite impliquant le comité de la Conférence, le Barreau de Québec et l’Université Laval, puis un financement assuré par les inscriptions des juristes du ministère de la Justice et des organismes participants, de même que par des commanditaires.
Cette structure assure la continuité et la stabilité de l’événement.
La Conférence propose désormais une journée et demie de formations, rejoint un nombre croissant de participantes et participants et s’impose comme un chef de file de la formation juridique en droit public, tout en demeurant un lieu privilégié d’échanges entre les juristes de l’État.
D’une édition à l’autre, l’organisation de la Conférence exige énormément d’efforts : bâtir une programmation, sélectionner les conférenciers, définir un thème rassembleur, assurer une logistique efficace, maintenir et développer des partenariats, puis faire rayonner l’événement.
Le comité veille également à préserver l’esprit d’échange et la qualité des ateliers qui font la réputation de la Conférence depuis ses débuts.
Nos remerciements
Nos remerciements les plus sincères à toutes celles et tous ceux qui ont contribué — et continuent de contribuer — à la mission de la Conférence.
Nous lançons également une invitation toute particulière aux juristes de la relève : engagez-vous au sein du comité, prenez part à l'organisation de la Conférence, faites-y entendre vos voix et vos idées, puis contribuez à écrire les prochaines pages de cette histoire collective.